Le "Style manga" créé par Ozamu Tezuka a diverses origines :
Les inspirations américaines viennent essentiellement du cinéma.
Chaque action est dessinée sous plusieurs angles, à des distances et
des cadrages différents, en incluant des changements de plans et des mouvements de caméra. De plus, afin de renforcer le mouvement des héros, il utilise la technique des lignes de
vitesse. Enfin, les grands yeux très expressifs proviennent des héros de Walt Disney que Tezuka admirait tant.
Les mangakas, pour le look de leurs personnages
se sont inspirés de la mode française avec plus ou moins de réussite. En effet, cela fait vingt ans que selon les dessinateurs japonais, la majeure partie des Français a les cheveux rouges, bleus,
ou verts...
Le rôle des japonais par la suite a été d'adapter toutes ces caractéristiques à leurs
mangas… Pour cela, ils vont utiliser de nouvelles techniques, qui ont pour but principal d'impliquer d'avantage le lecteur : par exemple, des cases brisées ou des dessins traversant plusieurs
cases. De cette manière, l'auteur accentue l'importance d'une action. Les Japonais ont aussi apporté une rupture de style et une hétérogénéité graphique au manga avec des personnages changeant
totalement d'expression de visage d’une page à l'autre, suivant leurs réactions. De ce fait, un manga n'est jamais ancré dans un seul style.
Le mangaka commence par réaliser des planches de
character design, où il étudie les attitudes, expressions, proportions, du personnage. Il écrit aussi son scénario ainsi qu’un story board avant de commencer à débuter vraiment la
bd.
Il fait, tout d'abord, des repères sur les planches, crayonne
la mise en page des cases : les personnages, les décors, l’insertion des bulles de dialogue. Une fois les traits définis, le mangaka peut encrer, en commençant par les cadres, puis en les
remplissant. L’encre bien sèche, il gomme les crayonnés de retouches qu’il aura pu faire directement sur la planche .
Pour les ombrages, il utilise des trames : des feuilles de plastique transparentes avec des motifs noirs que
l’on peut gratter pour enlever certaines zones imprimées. Elles sont ensuite découpées et collées sur les dessins. Il existe une multitude de trames différentes, allant des motifs pointillés
classiques aux motifs à fleurs.
Une fois toutes ces étapes finies, le texte est
inséré.
Le Manga est d'abord pré-publié dans de gros magazines hebdomadaires de 350 pages environ, avec une
impression et un papier de qualité médiocre. Notons que presque tous sont en noir et blanc. L'un des magazines les plus connus actuellement est Shonen Jump. Au rythme de 15 pages par
semaine, deux mois suffisent au mangaka pour sortir une version regroupée de son manga dans un volume de 200 pages, au format de poche. En cas de gros succès le manga peut être publié à nouveau
dans une version de luxe, souvent colorisée (ex : Akira).
Pour plus de renseignements, voir : L'Apprenti mangaka : l'art du manga / [ill.] Akira Toriyama ; [texte] Akira Sakuma.- Paris : Glénat,
1997
*Notes d'après Stéphane Manfredo, grand maître ès beaucoup de choses