Koko Debut / [ill. et texte] Kawahara Kazune .- Paris : Panini comics.

Publié le par FS

 

Ca commence par une histoire somme toute classique, un de plus parmi les nombreux shojo que l’on peut trouver : Haruna Nagashima est une nouvelle lycéenne qui décide de faire rimer ce nouveau pas dans sa scolarité avec une nouvelle vie. Si elle s’était adonnée avec passion au softball durant ses années de collège, c’est vers l’amour qu’elle chercher à présent à se tourner.
Cependant, ses goûts esthétiques constituent la première difficulté : elle prend au pied de la lettre ce que racontent les magazines et en arrive souvent à faire tout simplement « trop ». En désespoir de cause, elle en vient à demander l’aide de Yoh Komiyama, connu pour savoir ce qui plaît. Ce dernier accepte de la coacher, à condition qu’elle ne tombe pas amoureuse de lui.

Le décor est posé et le résumé laisse très facilement deviner comment les choses vont, plus ou moins vite, évoluer. C’est un shojo, après tout : il y a certains éléments qui sont incontournables. Toutefois, l’originalité vient dans le traitement de l’histoire et des personnages.
Haruna est une fille volontaire et dynamique, parfois un peu trop pour son propre bien. Elle ne se fatigue pas avec des faux-semblants et bien qu’elle fasse des efforts pour devenir une bonne petite amie, elle reste naturelle. Bien que romantique, elle n’en devient pas niaise. Elle sait juste apprécier les choses pour ce qu’elles sont et comme elles lui sont offertes.
Yoh apparaît d’abord comme quelqu’un de plutôt stoïque en général, bien qu’il puisse s’énerver assez vite, notamment face à la maladresse de son « élève ». Il dit ce qu’il pense et veut éviter d’être au cœur de situations désagréables. Cette honnêteté ne le rend pas méchant pour autant et montre, petit à petit, qu’il n’est pas toujours très sûr de lui et a parfois quelques difficultés à exprimer clairement ce qu’il pense.
Sans avoir  ne place aussi importante, les personnages secondaires ont une personnalité bien à eux et ont également droit à leur moment de gloire, que ce soit pour leurs sentiments personnels ou par leur interaction avec l’histoire principale. Il est peut-être un peu dommage, d’ailleurs, qu’on n’en sache pas un peu plus sur eux qu’à travers ces quelques chapitres.

Si le résumé semble banal, l’histoire est cependant aussi énergique que son héroïne. Les quiproquos, les malentendus et les maladresses s’enchainent dans un rythme soutenu, avec une sacrée dose d’humour et un léger soupçon de romantisme – parce qu’il en faut. A force de jongler entre le rire et la tendresse, le lecteur finit par s’attacher aux protagonistes, qui se démarquent des héros habituels. L’auteur ne bascule pas dans la facilité et parvient toujours à arracher des sourires en proposant de l’originalité et de la fraîcheur à travers les différentes aventures contées.

Concernant le dessin et le graphisme, là encore on a droit à une certaine fraîcheur pour le genre. Le trait est net, rendant les personnages vraisemblables (pas de grands yeux brillants ou de coiffures folles) et donc plus près du lecteur. La mangaka utilise habilement les trames pour insister sur l’ambiance d’un moment, ce qui empêche l’action de paraître figée et sans vie. Par conséquent, sans être trop fourni ou pas assez, le crayon de Kawahara fait mouche et permet de se glisser sans difficulté dans l’enchainement des événements.

En somme, j’ai été agréablement surprise par ce shojo dont je n’avais pas entendu parler mais dont la couverture, pour premier contact, a su attirer mon attention. La série étant composée de 12 tomes, avec un 13e et dernier à venir, elle a su ne pas déborder et ne lasse donc pas son public en traînant en longueur.

Publié dans Chroniques

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