Claymore / Nohiro Yagi

Publié le par Lau.Nico

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Claymore / [ill. et texte] Yagi.- Paris : Glénat, 2007.

 

Claymore se déroule dans un univers de type médiéval où les hommes ne se trouvent plus au bout de la chaîne alimentaire : leurs prédateurs sont des êtres démoniaques capables de se fondre dans une population, suscitant la terreur au sein des villes où ils sévissent. Le seul moyen pour vaincre ces créatures consiste à faire appel, contre une forte somme d’argent, à une organisation regroupant celles que l’on appelle les Claymore, des femmes hybrides mi-humains mi-démons capable de déployer une énergie terrifiante. Bien que d’apparence humaine, leur force les rend supérieure aux monstres qu’elles combattent. Leurs signes distinctifs ? Des cheveux pâles, des yeux d’argent et une épée gigantesque qu’elles portent dans le nom et qui leur a valu ce surnom.

Raki habite un petit village où une Claymore nommée Claire arrive en mission, appelée pour lutter contre le démon qui s’y terre. Fasciné par cette femme hors norme et poussé par les circonstances, il va devenir son compagnon de voyages. Petit à petit, il va apprendre la vie tragique de ces guerrières craintes et respectées qui, malgré le combat qu’elles mènent au péril de leur vie, ne sont pas acceptées à cause de leur nature différente.

 

Si les éléments scénaristiques de base ne sont pas des plus originaux, la tournure que prend rapidement l’histoire l’est davantage. Les choses ne sont pas ce qu’elles semblent être et au-delà du conflit entre les humains et les démons, des guerres dévastatrices se déroulent, au cœur desquelles se retrouvent les Claymore. Tout est lentement remis en cause dans un monde bercé jusque là de certitudes.

Le monde où tout se déroule est à la fois immense et ridiculement petit, riche et très complexe, tout comme l’Organisation qui veille dessus : les régions comme les guerrières sont hiérarchisées, les premières étant sous la protection des secondes.

 

Si l’histoire se centre bien sur Claire, les personnages secondaires sont multiples et ne sont pas en reste : l’auteur parvient à tous leur donner de l’épaisseur et une psychologie propre, créant liens et tension entre les différents membres de l’organisation. Ainsi, toutes ne sont pas bienveillantes et certaines peuvent n’être motivées que par la haine et la vengeance.  Elles sont, en somme, encore très humaines.

Les événements sont d’autant plus dramatiques que l’on découvre lentement le passé et les motivations des personnages, la dureté de leur vie, le rejet dont ils sont l’objet et le courage avec lequel ils continuent pourtant à guerroyer.

 

Au niveau du graphisme, les premiers chapitres peuvent décevoir. Malgré une action sans cesse renouvelée, le dessin est vide, sans dynamisme, presque figé. Les personnages se ressemblent beaucoup physiquement, au point où seule la coupe de cheveux peut aider à les différencier. Toutefois, cela s’améliore avec le temps. Nohiro Yagi parvient à donner plus de précision et de profondeur à ses décors, à personnaliser davantage ses héroïnes et offre une dimension nouvelle à des luttes qui deviennent titanesques. L’action prend une tournure beaucoup plus prenante et l’on se surprend à tourner les pages sans s’en rendre compte, arrivant trop rapidement à la fin du manga.

16 tomes pour une série en cours qui ne lasse pas. Il faut dire que les rebondissements et les révélations ne manquent pas et que le scénario promet encore quelques beaux et riches chapitres futurs.

 

Publié dans Chroniques

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J
<br /> <br /> Très bon article qui décrit bien la série. Bravo ! Je viens d'attaquer le manga après avoir vu la série anime, et le plaisir est toujours là...<br /> <br /> <br /> <br />
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